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Sceau personnel de JG Malliarakis

CHRONIQUE DE L'EUROPE LIBRE

LUNDI 30 JUIN 2003

LA PRESIDENCE ITALIENNE DE L’UNION EUROPEENNE...

Elle ne s'annonce pas que sous de mauvais auspices

On peut et l'on doit saluer d’abord le principe de la coopération policière affirmée en Sardaigne par MM. Sarkozy et Pisanu face à l’immigration clandestine et de manière très claire face à un pays extra-communautaire, en l’occurrence la Libye du colonel Khaddafi.

On se doute bien qu’il ne s’agit pas en l’occurrence d’une simple pression sur un État exportateur de main d’œuvre comme ceux du Maghreb ou de l'Afrique subsaharienne. Pour la première fois, on amène un pays de transit à prendre rapidement ses responsabilités face à un trafic de migrants illégaux de toutes sortes, faux réfugiés politiques, vrais criminels, malheureux illusionnés par l’Eldorado occidental, candidats à l’assistanat, voire même quelques éventuels demandeurs d’emplois. Ce trafic en tout genre développe globalement une menace démographique pour l’Europe et seuls quelques curés progressistes en retard d’un Concile, d’un aggiornamento et de deux pontificats font encore semblant de l’ignorer.

Nous devons mesurer ici que M. Sarkozy et M. Pisanu ne représentent pas le même concept politique. Sarkozy, à tort ou à raison, fait figure de ministre de droite, plus en droite en tout cas que le président de la république. M. Beppe Pisanu au contraire, dans la coalition gouvernementale dirigée depuis 3 ans par Silvio, Berlusconi apparaît plutôt comme un élément centriste. Et c’est bien sûr la question de l’immigration que la Ligue du Nord et son chef Umberto Bossi font actuellement peser une menace de quitter le gouvernement. Ils réclament une politique plus dure, plus restrictive et, à notre avis, plus conforme à l’intérêt européen. Il est à ce sujet pittoresque de voir combien la gauche médiatique française, si hostile à M. Berlusconi (1), semble trouver intéressante la sécession éventuelle des légistes du Nord, à côté et en comparaison desquels il n’est pas malhonnête de voir un Jean-Marie Le Pen, un honnête continuateur des Indépendants paysans, sinon un forcené de l’antiracisme.

On ne manquera pas d’ailleurs de critiquer dans la presse bien pensante et gauchisante l’entente Sarkozy-Pisanu et de la stigmatiser comme représentant la lepénisation des esprits en Europe.

Si on devait chercher des arrières pensées de politique intérieure à cette ferme coopération destinée à défendre l’Europe sur son front sud, on serait tenté plus honnêtement de formuler l’hypothèse inverse : les gouvernements tant français qu’italien ne souhaitent certainement pas se trouver débordés politiquement sur leur droite.

Mais un autre élément doit être pris en compte, et salué comme il se doit : le 26 juin, Silvio Berlusconi est intervenu au Parlement italien et il a très précisément menacé d’intervenir militairement sur les côtes libyennes pour permettre un contrôle policier effectif, sous la responsabilité de l’Italie, si jamais le gouvernement de Tripoli n’acceptait pas de coopérer face au déferlement d’immigrés clandestins venus d’Afrique. Dans les 48 heures qui ont suivi tous les bons esprits sont montés au créneau dans le sens de la souveraineté de ce pays africain qui fut autrefois une possession italienne au lendemain de la guerre italo-turque de 1911 et naturellement aussi au nom des droits de l’Homme. Mais 3 jours après, le 29 juin, on pouvait lire en première page dans la Repubblica la bonne nouvelle d’un accord italo-libyen conforme aux desiderata italiens et, répétons-le, aux intérêts de l’Europe.

Dans la même livraison du grand quotidien italien de centre gauche étaient inventoriés les éditoriaux au vitriol et les premières pages caricaturales censées représenter l’inquiétude de l’opinion populaire européenne face à la perspective de 6 mois d’une présidence nominale rotative italienne de l’Union européenne. Et c’est un fait que Der Spiegel en Allemagne ou The Guardian de Manchester sont très critiques. Leurs homologues en France sont Le Monde et le Nouvel Observateur, c’est-à-dire des gens qui se sont toujours trompés. Alors, en effet, la présidence européenne italienne des 6 mois à venir ne se présente pas que sous des auspices négatifs.

Jean-Gilles Malliarakis

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(1) Dont elle présente la coalition comme étant à la veille de l’éclatement tous les jours depuis plus de 30 mois. Le pronostic finira donc bien par se réaliser un jour.

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