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Sceau personnel de JG Malliarakis

CHRONIQUE DE L'EUROPE LIBRE

JEUDI 26 JUIN 2003

L’EUROPE ET LE FRONT SUD

2. L’Europe renaîtra dans la lutte.

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Il est dans la nature même de l’Europe de rayonner dans le monde et son génie ne la porte aucunement à l’enfermement. Les tenants de l’État commercial fermé selon Fichte ont certainement fait beaucoup de mal et ils en feront encore sous les marques hypocrites du commerce organisé tel que le rêvent ou le réglementent nos technocrates. Mais au final, ils seront toujours perdants dès lors que le dynamisme européen s’exprimera librement.

C’est d’ailleurs bien de cette certitude que l’on doit partir si l’on veut aboutir à une Constitution qui convienne à l’Europe des libertés. L’empilement des règlements technocratiques, le verrouillage des subventions agricoles, le verbiage enfin de la classe politique très fade imposant le discours politiquement correct à 450 millions de consommateurs, non seulement ce n’est pas l’Europe, mais cela ne survivra pas aux épreuves inéluctables.

L’Europe renaîtra dans la lutte. On ne peut jamais souhaiter aucune guerre, aucun affrontement sanglant, mais les crises sont d’autant plus terribles qu’on a tout fait pour ne pas se préparer à les résoudre. Moins l’Europe sera puissante plus elle aura la perspective de menaces bien réelles apparues sur d’autres continents.

La question de l’islamisme est aujourd’hui d’une évidence tellement aveuglante qu’elle risque de nous faire perdre de vue les autres défis.

Depuis le VIIIe siècle, la prédication monothéiste radicale de Mahomet a servi de drapeau à plusieurs vagues dont la grande Histoire de l’Europe, au-delà des petites rivalités internes n’a pas cessé de refouler victorieusement l’hostilité. Plusieurs siècles ont été nécessaires pour libérer la péninsule des Balkans. Toute l’histoire de l’Europe baroque puis romantique a été marquée par l’affrontement avec l’Empire turc dans toute l'Europe centrale, danubienne et balkanique et avec les Barbaresques en Méditerranée.

Mais nous serions enfermés dans une vision réductionniste, nous inverserions les causes et les conséquences, si nous limitions cette confrontation à sa seule dimension religieuse.

On a pu voir, au VIIe siècle, sous les quatre premiers califes (632-661) dans la progression de cette prédication en Orient, en Syrie (638), en Égypte (642), etc… une simple victoire d’un parti théologique et très certainement les sectes gnostiques et les diverses hérésies chrétiennes lui ont fait le meilleur accueil. Ainsi, un saint Jean Damascène issu lui-même d’une grande dynastie syrienne peut encore écrire à l’époque où l’empire musulman est dirigé par les Omeyyades (661-750) que la religion de Mahomet n’est jamais que la 100e hérésie.

Mais en fait, aussi bien dans le ralliement extrêmement rapide des cités de l’Orient que dans l’entreprise de conquête qui va se heurter à Byzance et asservir l’Espagne, on a assisté au retour d’une vague d'assaut extra européens attestée dans l’Histoire antique par les guerres médiques des Grecs au Ve siècle ou par les guerres puniques des Romains, 200 ans plus tard. Des menaces perses et carthaginoises, les Européens n’ont été délivrés que par les victoires d’Alexandre le Grand en 330 et en 146 par celle Scipion Emilien. On peut certes admirer Hannibal et le jeune Sigmund Freund s’identifiait au personnage, mais nous sommes fils de l’Empire romain et il nous semble que la prise d’Alger en 1830 n’a pas seulement constitué une victoire de l’Europe mais aussi une victoire de la civilisation sur la barbarie.

Jean-Gilles Malliarakis

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