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Sceau personnel de JG Malliarakis

CHRONIQUE DE L'EUROPE LIBRE

JEUDI 19 JUIN 2003

LE TERRORISME SERA TOUJOURS L’ENNEMI DU CIVILISÉ

Les Moudjahhidine-e-Khalq reliquat d'une époque où à une époque où les islamistes et les marxistes marchaient la main dans la main…

Les scènes qui sont déroulées en plein Paris ce 18 juin, face aux locaux de la DST, et qui ont vu des Iraniennes entreprendre de s’immoler par le feu commencent à lever un coin du voile sur l’opération de la veille. On découvre ou, à tout le moins, on dispose d’une occasion remarquable de découvrir d’abord la réalité de sang et d’acier dont est faite la structure intitulée Moudjahhidine-e-Khalq, en abrégé M-e-K, les Combattants du Peuple.

Celle-ci est apparue sous règne du Shah, au milieu des années 1960, à une époque où les islamistes et les marxistes marchent la main dans la main. On peut dire alors que l’Iran est un des pays où la stratégie mondiale plus ou moins léniniste, et certainement pas conforme à la pensée littérale de Karl Marx, la stratégie du Congrès de Bakou inventée finalement par Staline et par Sultan Galiev s’applique avec le plus de méthode. En cela on est encore dans le prolongement du conflit algérien. Au moment où Boumediene transforme l’ancien ensemble de 3 puis 12 départements français en République algérienne islamique et " démocratique et populaire " l’année 1965 voit naître le M-e-K iranien alors que le parti communiste iranien Toudeh est coupé de tout avenir.

En près de 40 ans cette structure stalino-révolutionnaire a connu bien des avatars.

Jusqu’en 1979, elle soutient dans l’exil et l’opposition l’exilé fanatique de Neauphte-le-Château en compagnie d’ailleurs de fort sympathiques intellectuels libéraux et de nationalistes nostalgiques de Mossadegh, Premier ministre évincé sous la pression des intérêts pétroliers internationaux en 1953.

Puis dans les toutes premières années de la révolution des mollahs à Téhéran il semble possible aux marxistes de manœuvrer, de pénétrer à l’intérieur de la mystérieuse nébuleuse des mystiques chiites.

Mais l’exil va bientôt recommencer pour Bani Sadi, éphémère président et pour ses camardes. La France officielle, plus hôtelière que vraiment hospitalière !, les abrite alors à Auvers-sur-Oise où ils installent leur QG officiel.

Cependant la logistique militaire du mouvement est abritée par Saddam Husseïn en Irak, alors que ce pays dont la France est très entichée est en guerre, une guerre terrible qui va faire 800 000 victimes en 8 ans contre l’Iran.

Enfin, dernière phase, la chute du régime de Bagdad amène une part importante de l’appareil terroriste du M-e-K à se replier sur l’Europe occidentale, dans la pratique : le département français du Val d’Oise.

Et alors, au-delà d’une démarche diplomatique mystérieuse, et finalement indifférente qu’elle soit franco-iranienne, franco-américaine ou franco-n’importe quoi, la DST est bien obligée de faire sur une échelle non négligeable de plus de 1 300 policiers, gendarmes et militaires ce que fait tout pays confronté à une tumeur terroriste : on tente de l’éradiquer.

C’est alors qu’il faut observer les danses du scalp et les faux-semblants agités par les esprits faux. On a vu cela dans les procès des islamistes que la justice française a essayé d’opérer dans le contexte consécutif aux attentats du GIA dans le métro de Paris en 1995. Tout devient bon aux défenseurs du terrorisme pour justifier, excuser, expliquer, relativiser, mettre en perspectives des actes simplement barbares qui assassinent des femmes de ménage, des enfants du peuple ou des ouvriers.

Toutes ces victimes font partie de notre société, parfois de nos familles, de notre vie quotidienne. Nous devenons alors absolument inexcusables de chercher à excuser les assassins, leurs inspirateurs, leurs commanditaires financiers et leurs propagandistes.

Comme tout le monde il nous arrive de lire les écrits parfois talentueux de ceux qui cherchent à nous "expliquer" les conflits. Ils en arrivent à justifier des phénomènes pourtant monstrueux.

Reconnaissons qu'il est plus utile de chercher à soutenir ceux qui les combattent effectivement, ce qui n’interdit pas, au contraire, l’intelligence de l’observation de l’ennemi.

Car le terroriste, pour le civilisé, doit toujours être regardé pour l’ennemi et il doit être combattu comme tel.

Jean-Gilles Malliarakis et Alice Borghèse

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