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COURRIER DES LIBERTÉS SOCIALES

VENDREDI 23 SEPTEMBRE 1994

BASSINS DE RÉVOLTES…

La géographie parle de Bassins de production. Aujourd’hui, les sociologues de l’Agriculture française devraient considérer, dans certaines régions, des Bassins de Révolte.

Cette révolte agricole, le CDCA, dans de nombreux départements, certes ne prétend pas l’attiser, mais il défend et défendra les victimes de la désinvolture des pouvoirs public.

Citons ici plusieurs exemples qui se sont déroulés dans le sud de la France, dans le seul mois de septembre :

- dans le Gard, à Nîmes, le CDCA a apporté son soutien (le 20) aux manifestations de protestation des viticulteurs dont certains passaient en jugement

- dans le Gers, à Auch, le CDCA a apporté son soutien à l’occupation pacifique de la DDA par des producteurs de soja que les pouvoirs publics trompent depuis des mois à propos de leurs primes

- dans le Lot, à Cahors, le CDCA participait à un mouvement de solidarité rurale

- enfin, dans l’Ariège, à Foix, le CDCA est intervenu pour un cas infiniment plus grave

Le lundi 12 septembre en effet, une famille d’agriculteurs adhérents de notre syndicat devait être expulsée de sa maison par un huissier de justice de Mirepoix, Me Comas. Celui-ci avait reçu du sous préfet, chose exceptionnelle, l’appui de la force publique.

Ce cas, le cas ultime, a toujours été fort heureusement rarissime en ce qui concerne le CDCA. Nous intervenons toujours pour l’empêcher. Mais il devient monnaie courante pour d’innombrables isolés. Nous estimons à plus de 60 %, dans les départements du Sud Ouest, ceux qui sont menacés d’une telle perspective. De sorte que nous considérons comme parfaitement légitime d’empêcher que l’on en arrive là, en commençant par défendre becs et ongles nos adhérents qui se trouvent poursuivis par des organismes que l’on "sociaux"… tu parles d’une "protection sociale", celle qui vous met à la rue ! Que leurs discours moralisateurs ne s’attendent pas à nous voir verser des larmes !

De sorte que, ce lundi 12 septembre, non seulement 150 militants du CDCA se trouvaient donc devant la maison de leurs amis, parfaitement décidés à ne pas reculer, mais que, l’huissier de justice tardant à venir, un groupe s’était décidé à leur rendre visite.

Précisons que cette intervention, comme il est de règle, s’est effectuée sans aucune violence ni sur les biens ni sur les personnes. Une fois de plus "on" a forcé l’huissier à porter plainte et à déclarer qu’il avait été "menacé de mort". C’est un petit jeu auquel s’amuse une certaine coalition de fonctionnaires sectaires, particulièrement arrogante dans la région. On entend souvent dans les tribunaux ce misérable refrain de prétendues "menaces de mort"… Jamais le CDCA n’a menacé personne de ce que la cirrhose du foie ou la force de l’âge, provoquera sans notre intervention, faut-il le préciser… La seule espèce de nuisibles que certains militants du CDCA chasse, éventuellement sans permis, ce sont les dossiers contentieux "sociaux" inutiles et encombrants, et c’est vrai qu’avec le CDCA ces feuilles-là ne tombent pas seulement à l’automne…

Le jeudi 15 septembre commençait donc un tentative de vengeance téléguidée par cette coalition de fonctionnaires. Arrestation au petit matin de 22 amis du CDCA de divers départements voisins par des gendarmes exécutant des ordres auxquels ils ne comprenaient évidemment rien, et que d’ailleurs ils interprétaient d’une manière incohérente, les uns très courtoisement, les autres de manière illégale (une "gendarmette" ira jusqu’à fouiller, sans mandat, le portefeuille de deux papets là où elle était censée n’appréhender que leur syndicaliste de rejeton, etc.). Cela se passait à 6H30 le matin.

Dans l’après-midi la Ville de Foix était soumise à une riposte bien naturelle : le blocage des routes par les militants du CDCA.

Pendant une semaine, jusqu’au 20 (où nos 4 derniers amis étaient encore détenus) la préfecture de l’Ariège fut ainsi harcelée par des protestataires d’autant plus virulents que les travailleurs indépendants de la Ville et de la Région trouvaient au fil des jours la chose bien sympathique, le CDCA départemental enregistrant à cette occasion un courant d’adhésions.

Le 20 septembre, le système expropriateur et répressif cédait…

JG Malliarakis

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